Introduction
Ce guide prolonge les bases de configuration Pinterest déjà couvertes ailleurs pour se concentrer sur la partie avancée : le SEO poussé de la plateforme, la fabrication de visuels qui convertissent, la mécanique de planification, la lecture des analytics, et surtout l’ensemble du module publicité (Pinterest Ads), avec la checklist de classement en dix facteurs et les routines d’optimisation hebdomadaire des campagnes.
Un principe de méthode traverse tout ce document : Pinterest fait évoluer régulièrement ses règles (usage des hashtags, revendication de comptes tiers, ratios d’image, etc.). Chaque fois qu’une information plus récente contredit une pratique plus ancienne, c’est la version la plus récente qui fait foi, et elle est signalée comme telle dans les sections concernées sous forme de mise à jour.
1. Pourquoi Pinterest reste une opportunité
Pinterest se distingue des autres réseaux sociaux par un double statut : à la fois réseau social et moteur de recherche. C’est ce double statut qui permet la viralité propre aux réseaux sociaux tout en conservant la capacité à être trouvé via le SEO, même avec zéro abonné, contrairement aux plateformes purement sociales qui exigent une audience déjà constituée pour être vues.
Quelques chiffres qui situent l’opportunité :
- Plus de 330 millions d’utilisateurs Pinterest dans le monde, dont la moitié aux États-Unis (donnée la plus récente disponible au moment de la rédaction).
- Plus de 150 millions d’utilisateurs « prêts à voir » du nouveau contenu.
- Plus d’utilisateurs Pinterest aux États-Unis que de membres Amazon Prime.
- 93 % des pinners actifs utilisent Pinterest pour planifier leurs achats.
- 87 % des utilisateurs Pinterest ont déjà acheté un produit à cause de Pinterest.
- 80 % des achats faits via Pinterest concernent des marques non célèbres (« non brands ») : les petits acteurs peuvent réussir.
- 50 % des utilisateurs Pinterest gagnent 50 000 $ par an ou plus ; 10 % gagnent 125 000 $ par an ou plus, un fort pouvoir d’achat.
En résumé : l’audience Pinterest a le pouvoir d’achat, planifie ses achats sur la plateforme et y achète déjà. Il suffit de lui apporter le bon contenu.
2. Pinterest est-il fait pour toutes les activités ?
Recommandation générale : maintenir une présence sur un maximum de plateformes, dont Pinterest, même sans y être pleinement actif. Cela crée des backlinks reconnus par Google (Pinterest a une autorité que le site n’a pas encore) et permet d’être trouvé par les internautes qui cherchent spécifiquement sur cette plateforme.
Les activités les mieux adaptées
- E-commerce : évident, Pinterest a démarré comme plateforme e-commerce ; c’est un des moyens les moins chers d’acquérir des ventes organiques.
- Blogueurs : mariage naturel, Pinterest attire par l’image quand Google n’affiche qu’un titre textuel.
- Vloggers et créateurs vidéo : Pinterest n’est pas encore pleinement optimisé pour la vidéo mais y investit de plus en plus, ce qui en fait un bon moment pour s’y positionner tôt.
- Services en ligne : fonctionne bien si le client peut être servi depuis n’importe où ; moins pertinent pour une activité strictement locale, sauf objectif de notoriété plutôt que d’acquisition immédiate.
- Éducateurs et créateurs de contenu : très bien adapté au format infographie et contenu visuel.
- Produits/services locaux : plus difficile de cibler une audience géographique précise sur Pinterest.
- Non-anglophones : Pinterest reste plus fort dans les pays anglophones (États-Unis, Royaume-Uni, Canada), avec des exceptions notables comme le Brésil, le Mexique, l’Allemagne et la France.
Démographie des utilisateurs
- 76 % de femmes (majorité des achats faits par des femmes), 24 % d’hommes mais un volume énorme et en croissance ; il est possible de cibler les femmes qui achètent des cadeaux pour des hommes.
- 80 % des mamans américaines sont sur Pinterest.
- Répartition par âge assez équilibrée : 18-29 ans (32 %), 30-49 ans (34 %), 50-64 ans (38 %). C’est un bon signe car les tranches plus âgées ont davantage de pouvoir d’achat disponible.
- Répartition géographique en tête : États-Unis (86,35 millions d’utilisateurs), puis Brésil, Canada, Royaume-Uni, Italie, Espagne.
Les catégories les plus populaires sont l’alimentation et les boissons, la déco et la maison, le voyage, la santé et le fitness, la mode féminine, les cheveux et la beauté, le DIY et le bricolage, le divertissement, les mariages, les fêtes et événements. Pour les niches moins évidentes, il y a une place pour tout le monde : tout est affaire de compétition, de créativité et de demande. En cas de doute sur la pertinence d’une niche, le conseil pratique est de créer au moins cinq pins comme test plutôt que de ne rien faire.
3. Bâtir sa stratégie de contenu
La stratégie se construit en trois étapes.
Premièrement, définir son objectif (plus de followers, plus d’inscrits newsletter, vendre des produits ou services, générer du trafic vers un blog ou un site monetisé, augmenter la notoriété de marque) et n’en choisir qu’un seul au départ, quitte à le faire évoluer ensuite. C’est ce choix qui structure toutes les décisions de contenu et les appels à l’action.
Deuxièmement, définir sa niche et son audience cible avec un buyer persona précis pour chaque contenu créé (démographie, centres d’intérêt, peurs, besoins), afin d’éviter la dispersion.
Troisièmement, définir son type de contenu, à ajuster ensuite selon les résultats observés dans Pinterest Analytics.
Un contenu centré sur une niche claire aide à la fois les utilisateurs, qui ne sont jamais dans la confusion sur ce que propose le compte, et l’algorithme Pinterest, qui comprend mieux à qui distribuer ce contenu.
Les 3 piliers Pinterest
- Recherche de mots-clés et SEO : optimiser tous les aspects du compte (bio, titres de pins, descriptions, texte overlay sur les images) avec les mots-clés issus de la recherche. Le volume de recherche associé évite aussi de créer du contenu sur un sujet à faible demande.
- Images accrocheuses : Pinterest est un moteur de recherche visuel, sans image qui capte l’attention le reste du travail est inutile.
- Pinning cohérent et régulier : signale à Pinterest le sérieux du compte, l’algorithme récompense la régularité par davantage de distribution.
4. Créer et configurer son compte Pinterest Business
Un compte personnel existant peut être converti en compte business sans tout recréer. Le compte business offre plusieurs avantages par rapport à un compte personnel :
- Affichage de l’URL du site directement sous le profil (impossible en compte personnel).
- Accès à Pinterest Analytics, un outil puissant mais très sous-utilisé.
- Éligibilité aux Rich Pins.
- Accès aux pins sponsorisés et à la publicité Pinterest.
- Statut de créateur de contenu, avec une distribution prioritaire par l’algorithme.
- Visibilité de marque renforcée sur chaque pin (photo de profil, nom, description visibles).
Optimiser le profil
- Photo de profil : logo si l’activité est distante (par exemple un service IT), visage si cela correspond à la marque, les gens se connectent mieux à une personne qu’à une marque. Ne jamais utiliser un faux visage.
- Nom de profil : structure recommandée « nom de la marque / mots-clés décrivant l’activité », car peu de gens tapent le nom d’une marque inconnue dans la recherche, mais beaucoup tapent les mots-clés de l’activité.
- Bio : mots-clés de niche en longue traîne plutôt que des mots génériques (préférer « routine de sommeil bébé » à simplement « bébé » si c’est la spécialité réelle).
- Site web : sélectionner le domaine déjà revendiqué si disponible ; sinon, n’importe quelle URL pertinente peut être utilisée en attendant (chaîne vidéo, produit, liste email).
- Nom d’utilisateur : le faire correspondre autant que possible aux pseudos utilisés sur les autres réseaux sociaux, pour faciliter la découverte croisée.
- Email de contact : optionnel, à renseigner surtout pour le support client ou les collaborations.
- Catégorie d’activité à la création du compte : être précis dès le départ, Pinterest utilise cette information pour le classement. Éviter « je ne sais pas » sauf si vraiment aucune catégorie ne correspond.
Revendiquer son site (claim)
Pour revendiquer un site : Profil, Modifier le profil, Comptes revendiqués, puis ajouter le tag HTML fourni par Pinterest dans le back-end du site (les instructions diffèrent selon l’hébergeur : Blogger, HostGator, GoDaddy, Shopify, Wix, WordPress…). Il est possible de revendiquer autant de domaines qu’on en possède. Shopify bénéficie d’un partenariat spécial : l’app Pinterest sur Shopify permet un claim automatique et une création automatique du catalogue produits.
Nuance importante pour l’affiliation : en épinglant depuis des plateformes e-commerce comme Etsy, Walmart ou Amazon (via l’extension navigateur « Save Button » ou le bouton « Partager vers Pinterest »), Pinterest reconnaît quand même l’autorité de ces sites et affiche le pin comme rich, avec prix produit et bouton d’achat, même sans claim possible côté vendeur. Astuce technique : utiliser l’extension Chrome « Save Button » directement depuis la page produit génère un rich pin plus vite et plus fiablement qu’un pin manuel.
5. Comprendre l’interface Pinterest
Les comptes personnels, c’est-à-dire l’audience visée, voient le « home feed » ; un compte business voit en plus un Business Hub avec les statistiques essentielles (top pins, followers…). L’onglet « For You » mélange des suggestions basées sur les recherches récentes et les pins des comptes suivis, y compris d’anciens pins de 5 à 10 ans toujours pertinents s’ils restent populaires. L’onglet « Today » regroupe les pins épinglés le jour même ou dans la semaine, organisés par tendances, d’où l’intérêt d’épingler régulièrement pour y apparaître.
Structure d’un profil business : photo de couverture, photo de profil, badge « merchant verified » le cas échéant, nom d’utilisateur, lien du site revendiqué, bio, followers/following/vues mensuelles, email de contact. Les onglets disponibles sont Shop (catalogue si Shopify connecté), Created (pins créés) et Saved (les tableaux, sortes d’étagères thématiques triées par activité récente, chacun avec un titre, un nombre de pins, une description optionnelle et un nombre d’abonnés).
Structure d’un pin : image ou graphique à gauche, lien, titre, description, auteur, bouton follow et commentaires à droite. Le format vertical reste recommandé pour le meilleur ratio d’affichage.
6. Format des pins : les spécifications techniques
Images et pins statiques
- Format vertical recommandé en pratique : meilleure priorité de distribution et meilleure visibilité dans les colonnes du fil.
- Ratio 2:3 recommandé officiellement (taille conseillée 1000 à 1500 px de large, minimum 600 px).
- Ratio 1:2 (1000×2000 px) toléré mais peut réduire la distribution, sauf si le contenu justifie réellement la longueur (plusieurs blocs d’information à forte valeur ajoutée plutôt qu’une simple image étirée).
- Ne jamais dépasser un ratio de 1:2,1 : au-delà, Pinterest rogne l’image et réduit fortement la distribution, pour éviter les anciennes infographies interminables qui obligeaient à un scroll sans fin.
Vidéos
- Durée acceptée : de 4 secondes à 15 minutes (au-delà, la vidéo est coupée à 15 minutes).
- Durée idéale recommandée : 6 à 15 secondes ; les vidéos en timelapse ou accéléré fonctionnent très bien, l’objectif étant de capter l’attention en une seconde.
- Formats acceptés : 1:1 (carré), 2:3, 9:16 (format vertical standard smartphone), avec la même règle de ratio maximal que pour les images.
- Astuce pratique : pour une vidéo YouTube revendiquée, publier deux pins, un partage direct depuis YouTube en format paysage avec lecture native, et une image verticale reprenant le même lien pour profiter du format optimal recommandé par Pinterest.
7. Les Rich Pins
Les Rich Pins affichent automatiquement, directement sur le pin, des informations synchronisées depuis le site source. Trois types existent :
- Recipe : ingrédients, mesures, mentions spéciales comme « sans gluten », notes si présentes sur le site.
- Article : auteur affiché, structure variable selon le site source, avec un point clé : quel que soit le nombre de repins par d’autres comptes, c’est toujours le compte qui a revendiqué le site d’origine qui reste associé au pin, garantissant un trafic vers ce compte peu importe qui repin.
- Product : le plus pertinent pour l’affiliation et l’e-commerce (plusieurs photos du produit, prix avec affichage des promotions, titre, marque, notes, infos de livraison, bouton cliquable direct vers la page produit, description). Fonctionne même en cas de rupture de stock grâce au meta tag de disponibilité.
Pour créer des Rich Pins : revendiquer son site, s’assurer que la page produit, article ou recette contient les meta tags requis par Pinterest (currency, price, title, type obligatoires ; site_name optionnel), puis valider la structure. Il n’est pas nécessaire de valider chaque page individuellement si la structure est identique pour toutes les pages du même type.
8. Catalogue produits et boutique Pinterest
Ce catalogue exige d’être le vendeur ou propriétaire des produits (prix, stock) sur son propre site revendiqué, ce qui le rend moins directement applicable à un site 100 % affiliation Amazon où les produits ne sont pas possédés par le site, mais reste utile en cas de catalogue de produits propres ou de boutique Shopify/WooCommerce. Prérequis : compte business, site revendiqué, respect des règles marchandes Pinterest, données produit hébergées dans un flux.
Méthode automatique : sur Shopify, WooCommerce ou équivalent, connecter directement via l’app ou les intégrations listées par Pinterest ; l’onglet boutique et les pins produit sont générés automatiquement.
Méthode manuelle via un flux CSV depuis Google Sheets : champs requis (identifiant produit, titre, description, lien exact vers la fiche produit, lien direct vers l’image, prix sans symbole monétaire, disponibilité), champs optionnels utiles (regroupement en collections, variantes, état, catégorie Google, prix soldé, marque, infos de livraison, étiquette personnalisée). Étapes de publication : exporter le Google Sheet en CSV, l’héberger sur Google Drive avec un lien de partage public, puis créer la source de données dans Pinterest (Ads, Catalogs), choisir pays, langue, devise et heure de publication programmée, puis lancer la création des pins.
Le programme Verified Merchant, gratuit et recommandé surtout pour l’e-commerce, s’obtient en trois étapes : connecter son catalogue, installer le Pinterest Tag, puis soumettre sa candidature. Ses avantages sont un badge de vérification, une mise en avant dans les expériences shopping poussées par Pinterest, l’accès à l’affichage du prix directement sur la vignette du pin, et des analytics supplémentaires. La condition d’éligibilité observée est d’environ 10 000 visites sur le site mesurées via le Pinterest Tag, plus le respect des règles marchandes (dropshipping et produits interdits exclus).
9. Recherche de mots-clés et SEO Pinterest
Pinterest face à Google
Pinterest est le troisième plus grand moteur de recherche des États-Unis. Plusieurs différences avec Google jouent très en faveur des petits acteurs :
- Pas besoin d’autorité de domaine pour bien classer sur Pinterest, contrairement à Google qui exige backlinks, ancienneté et trafic : un site jeune ou peu visité peut très bien performer sur Pinterest s’il est optimisé.
- Profondeur de scroll : sur Google, quasi personne ne va en page 2, alors que sur Pinterest 75 % des utilisateurs scrollent en moyenne jusqu’au résultat n°60, l’image transmettant l’information plus vite que du texte. Pas besoin d’être dans les toutes premières positions pour être vu, même sur un mot-clé très concurrentiel.
- Pas de « Google Sandbox » : un site tout juste créé peut classer immédiatement sur Pinterest.
- Recherche orientée découverte : même avec un mot-clé précis, l’utilisateur Pinterest reste ouvert à découvrir des contenus ou des marques qu’il ne connaissait pas, un avantage énorme pour les acteurs peu connus.
- Effet indirect sur le SEO Google : un bon taux de clic depuis Pinterest génère du trafic identifié comme provenant d’un site légitime, ce qui aide indirectement le classement Google du site de destination.
Vocabulaire de la recherche de mots-clés
- Search term (terme de recherche) : les mots exacts tapés par l’utilisateur.
- Keyword phrase (expression clé) : combinaison de plusieurs mots qui change le sens et le résultat, par exemple « bébé » n’a rien à voir avec « jouets de dentition pour bébé ».
- Mot-clé large (broad) contre étroit (narrow) : plus la phrase est longue et spécifique, plus les résultats sont pertinents et moins il y a de concurrence, mais aussi moins de volume.
- Longue traîne : généralement trois mots-clés ou plus, moins de concurrence et une audience plus qualifiée. C’est la zone à privilégier dans l’optimisation, tout en gardant aussi le mot-clé large de base.
Trois méthodes de recherche de mots-clés
Méthode 1, la barre de recherche Pinterest. Gratuite et très fiable car elle montre exactement ce que les utilisateurs tapent réellement. Taper un mot-clé large fait apparaître des suggestions longue traîne à copier dans un tableur, puis cliquer sur une suggestion permet de descendre un niveau supplémentaire dans l’arborescence des mots-clés, et de répéter l’opération autant que voulu. Une variante consiste à taper un mot-clé suivi d’un espace sans valider la recherche, pour faire apparaître un menu déroulant de suggestions de complétion, plus chronophage mais permettant d’explorer davantage de branches.
Méthode 2, Pinterest Trends. Un outil officiel réservé aux données américaines (contournable avec un VPN si l’audience visée est ailleurs), qui montre les mots-clés associés à un terme ainsi que leur courbe de saisonnalité sur l’année. Il permet de savoir combien de temps avant un pic commencer à épingler pour laisser à Pinterest le temps d’indexer le contenu, et de comparer plusieurs mots-clés entre eux sur un même graphique pour savoir lequel a le plus de volume.
Méthode 3, KeySearch. Un outil payant (essai gratuit d’un mois) recommandé en priorité pour la recherche de mots-clés Pinterest : recherche avec score de compétition (viser idéalement moins de 50 pour ranker plus facilement), filtrage par pays, génération automatique de mots-clés liés avec volume et compétition triable, sélection possible de la source de données spécifiquement sur les suggestions Pinterest, export CSV des listes retenues, et affichage des pages les mieux classées pour orienter le type de contenu à produire.
Mise à jour importante : ne plus utiliser de hashtags
10. Optimiser son compte et ses pins : la checklist complète
Le nom d’affichage est à ajuster selon le volume réel trouvé en recherche de mots-clés plutôt que selon une intuition. Pour la bio (160 caractères), deux formules sont possibles : « J’aide [audience] à [résultat] grâce à [méthode] » suivi d’un appel à l’action, adaptée à une offre de service ou de produit précis, ou une série de mots-clés séparés par des slashs ou des tirets mais formulés en phrase lisible, adaptée quand il n’y a pas une offre unique précise.
Checklist par emplacement
- Titre de tableau : utiliser les noms de catégories Pinterest officielles, visibles dans l’outil de création de publicité (section intérêts), en préférant un tableau plutôt large pour pouvoir y mettre davantage de pins pertinents.
- Description de tableau : souvent négligée alors qu’elle capte de l’espace mots-clés précieux. Formule recommandée : une courte intro descriptive en langage naturel suivie d’une série de mots-clés longue traîne. Mélanger texte naturel et mots-clés est plus sûr qu’une liste brute.
- Titre du pin (jusqu’à 100 caractères) : les 30 à 35 premiers caractères sont les plus visibles dans le fil, le reste étant coupé, donc y placer les mots-clés les plus importants en premier, tout en sachant que les 100 caractères comptent pour le référencement. Faire correspondre le titre du pin avec le titre de la page de destination quand c’est possible.
- Description du pin (jusqu’à 500 caractères) : mélanger mots-clés larges et longue traîne dans une description à la fois personnelle et optimisée, et toujours ajouter un appel à l’action avec une notion d’urgence plutôt qu’un CTA neutre.
- Texte alternatif (500 caractères) : le meilleur endroit pour caser un maximum de mots-clés, y compris des formulations qui ne s’intègrent pas naturellement dans une phrase de description.
- Tags (pins vidéo uniquement, jusqu’à 10) : à choisir dans une liste de catégories prédéfinies par Pinterest.
- URL de destination : Pinterest analyse aussi les mots-clés présents dans l’URL comme signal de pertinence ; soigner le permalien de l’article quand on en a le contrôle.
- Image du pin : Pinterest utilise l’OCR pour analyser le contenu visuel et le mettre en relation avec des centres d’intérêt, d’où l’importance d’une image cohérente avec le sujet réel du contenu.
- Nom de fichier avant upload : nommer le fichier image ou vidéo avec le mot-clé principal ciblé avant de l’uploader, ce nom faisant partie des données analysées par Pinterest.
Ordre de priorité des facteurs de classement Pinterest
- Titre du pin, à optimiser en priorité.
- Description du pin.
- URL de destination (cohérence des mots-clés).
- Nom du tableau.
- Description du tableau.
- Titre et description de la page de destination : l’optimisation ne s’arrête pas à Pinterest, la page d’atterrissage doit elle aussi être optimisée.
- Requêtes de recherche qui mènent à des clics réels, pas seulement à des affichages.
- Image (OCR et alt text).
- Cohérence globale du pin : bonus quand titre, description, URL, nom et description de tableau sont tous alignés sur les mêmes mots-clés.
- Engagement du pin : clics, likes, commentaires, et la fonctionnalité « Tried it » où les utilisateurs postent leur propre photo ou avis sur un pin.
11. Gagner des abonnés
Suivre d’autres comptes permet de trouver des idées de contenu, de rester à jour sur la niche et de gagner en visibilité par effet réseau. Pour trouver qui suivre : rechercher son mot-clé de niche, filtrer sur les profils, regarder non seulement le nombre de followers mais surtout le nombre de tableaux (signal d’engagement réel), puis vérifier la pertinence des derniers pins avant de s’abonner.
Pinterest montre en priorité les nouveaux pins aux abonnés, et l’engagement dans les 48 premières heures conditionne la distribution du pin. Le nombre de followers reste en partie une vanity metric mais demeure un signal de crédibilité utile pour décrocher des collaborations : mieux vaut moins d’abonnés mais engagés que beaucoup d’abonnés passifs.
Deux leviers permettent de gagner des abonnés : la promotion croisée du compte Pinterest sur les autres réseaux sociaux, et l’épinglage cohérent et régulier de contenu populaire et pertinent dans la durée.
12. Créer des visuels de pins qui convertissent
Principes data-driven (étude et retour d’expérience)
- Les images plus lumineuses, contrastées et saturées sont davantage cliquées que les images sombres ou désaturées ; éviter le texte blanc sur fond clair sans ombre portée, illisible surtout sur mobile.
- Les couleurs chaudes et vives génèrent en général plus de clics, à adapter au contenu réel.
- Toujours partir d’une image source en haute résolution : une image étirée pour atteindre le ratio recommandé perd en netteté et en contraste.
- Éviter les polices script et la surcharge de texte : réserver les polices cursives à des contextes où l’émotion prime, et utiliser une hiérarchie visuelle (tailles, couleurs, graisses) plutôt que 3-4 lignes de texte de même taille.
- Utiliser les mots-clés dans le texte overlay du pin, avec un texte court et ciblé plutôt qu’un texte long façon légende Instagram.
- Parler du bénéfice final recherché par l’utilisateur, pas seulement de la fonction du produit.
- Toujours tester le rendu en taille mobile en dézoomant l’aperçu, car 95 % des utilisateurs sont sur mobile.
- Éviter les visages ou personnes dans l’image en règle générale (-28 % de clics selon une étude de référence sur le sujet), sauf pour du contenu lifestyle où montrer le produit utilisé par une personne aide à la projection.
- Les infographies et les listes sur-performent malgré la règle du peu de texte, surtout accompagnées d’un lead magnet imprimable.
- La vidéo est favorisée en distribution par Pinterest, qui pousse activement les nouveaux formats qu’elle cherche à faire adopter.
Créer les visuels avec Canva
Canva reste l’outil recommandé en priorité (gratuit, intuitif, templates prêts à l’emploi) : création via templates suggérés ou dimensions personnalisées, bibliothèque de photos gratuites sans filigrane, éléments graphiques, texte hiérarchisé, ajustement des couleurs et de la transparence. Technique clé pour gagner du temps : dupliquer un pin réussi puis ne changer que quelques éléments secondaires (image, mot-clé secondaire, couleur) pour produire rapidement plusieurs variantes à tester, plutôt que refaire un design de zéro à chaque fois.
Recommandation générale : ajouter le nom de domaine ou de la marque en petit sur chaque pin, ce qui renforce la reconnaissance de marque même sans clic immédiat, par effet de répétition sur plusieurs pins vus.
Quatre règles pour utiliser malgré tout une police script : ne l’utiliser que sur un ou deux mots maximum, compenser une faible lisibilité par une très grande taille, la réserver aux mots que le contexte visuel laisse déjà deviner, et ne jamais l’utiliser pour le mot-clé principal qui doit rester en police lisible.
Astuces spécifiques aux pins publicitaires
Afficher le prix directement sur le visuel du pin filtre en amont les visiteurs hors budget : sur un pin promu, cliquer sur le visuel amène directement à l’URL de destination et déclenche la facturation, contrairement à un pin organique où l’utilisateur peut d’abord regarder plus d’informations. Privilégier les pins vidéo ou animés pour la publicité, le mouvement captant davantage l’attention dans le fil qu’une image statique.
13. Publier efficacement
L’extension navigateur « Save Button » de Pinterest permet de survoler n’importe quelle image sur n’importe quel site pour l’épingler directement : le pin récupère automatiquement l’image, le lien source, le titre, la description et l’auteur d’origine, condition pour bénéficier des rich pins si le site est revendiqué. Sur son propre site, installer aussi le bouton « Pin it » directement sur les images pour que les visiteurs puissent épingler facilement du contenu déjà optimisé.
Depuis les marketplaces (Amazon, Etsy)
Piège important commun aux marketplaces : toujours ouvrir la fiche produit individuelle avant d’épingler, jamais épingler depuis une page de résultats de recherche, sous peine d’associer le pin à l’URL de la recherche plutôt qu’à la fiche produit elle-même. Sur Etsy, épingler via l’extension « Save Button » donne systématiquement un vrai rich pin produit avec prix affiché, alors que le partage natif Etsy n’en donne pas, un comportement à tester au cas par cas selon la plateforme utilisée, Pinterest étant encore en rodage sur ses intégrations.
Le pin carrousel, idéal pour l’affiliation produit
Créer un pin carrousel en uploadant plusieurs images à la fois, puis en choisissant l’option carrousel plutôt que collage, avec possibilité de réordonner les images par glisser-déposer. Idéal pour présenter plusieurs angles d’un même produit, comme sur une fiche produit classique. Titre, description et lien de destination fonctionnent comme un pin standard. Astuce : créer plusieurs variantes du même carrousel en changeant juste l’image mise en premier plan pour attirer différents profils d’acheteurs.
Le multi-pinning hack
Sur un pin déjà créé, avec titre, description et lien déjà soignés : cliquer sur les trois petits points, dupliquer, supprimer juste l’image et en mettre une nouvelle, éventuellement changer de tableau, puis republier ou programmer. Cette astuce garde le même titre, la même description et le même lien mais change l’image, permettant de multiplier rapidement les pins pointant vers le même contenu sans tout retaper. Limite native : Pinterest permet de programmer jusqu’à environ 30 pins à l’avance directement depuis l’interface, soit un mois de contenu ; au-delà, un outil tiers comme Tailwind devient nécessaire.
14. Planifier sa publication sans y passer des heures
Pinterest privilégie désormais le contenu frais avant tout, davantage que le nombre de sauvegardes ou de republications d’un même pin, avant même la consistance de publication. Fréquence recommandée : idéalement cinq pins par jour, avec un minimum d’au moins un pin de contenu original par jour.
La raison du chiffre cinq : dans l’onglet Abonnements, Pinterest ne montre par défaut que les cinq premiers pins du jour de chaque compte suivi à ses abonnés. Publier moins de cinq pins par jour revient donc à laisser de la visibilité sur la table auprès de sa propre audience.
- Créer un planning fixe (par exemple chaque lundi, préparer et programmer tous les pins de la semaine) : Pinterest considère un compte actif dès lors que du nouveau contenu est publié régulièrement, peu importe la fréquence de connexion réelle.
- Faire tourner les sources pour varier sans créer du contenu neuf en permanence : un jour depuis son propre site, un autre depuis une boutique Etsy, un autre depuis une chaîne YouTube. Chaque plateforme liée donnant une nouvelle URL, elle produit un « nouveau » pin aux yeux de Pinterest.
- Créer plusieurs pins pour un même contenu en changeant l’angle ou l’image, pour cibler des audiences ou des motivations différentes autour du même produit ou article.
- Toujours épingler d’abord vers le tableau le plus spécifique et pertinent pour ce contenu, quitte à le repartager ensuite vers un tableau plus large.
- Le premier pin de chaque nouveau tableau doit toujours être un contenu original propre, jamais une suggestion automatique de Pinterest ni un repin d’un autre compte. Garder le tableau en secret tant qu’un premier pin original n’est pas prêt.
Tailwind, outil de programmation payant (essai gratuit 30 jours), propose des suggestions de contenu d’autres comptes à repartager avec le nombre de sauvegardes (donnée que Pinterest ne montre pas nativement), des heures suggérées de publication basées sur l’activité réelle de l’audience, une création de pins avec sélection de plusieurs tableaux, une option d’intervalle pour étaler la publication d’un même pin sur plusieurs tableaux à quelques jours d’écart, des brouillons, et un import Instagram. Les fonctionnalités plus avancées comme les Smart Loops (republication automatique en boucle des meilleurs pins) sont déconseillées avant quatre à six mois après le lancement du compte.
15. Pinterest Analytics : ce qui compte vraiment
À relativiser : les vues mensuelles, les impressions et le nombre de followers, des vanity metrics qui comptabilisent toute l’activité du compte y compris les repins d’autres créateurs, pas seulement le contenu original, et qui glissent sur une fenêtre de temps limitée. Un compte peut avoir zéro follower et très bien réussir sur Pinterest, l’algorithme de recherche ne dépendant pas des abonnés ; à l’inverse, des milliers de followers ne garantissent aucun trafic si le compte ne fait que repartager sans contenu original.
Les deux métriques qui comptent vraiment : les clics de lien, la preuve concrète qu’un pin a été vu et a généré une visite sur le site, l’objectif final ; et l’engagement (réactions, sauvegardes, commentaires), dont Pinterest se sert pour décider de la distribution du pin y compris auprès de personnes qui ne suivent pas le compte.
Dans Analytics, Overview, plusieurs filtres sont disponibles (plage de dates, contenu organique ou payant, groupe de produits, comptes revendiqués, appareil, âge, genre, source, format de pin), avec des indicateurs principaux (impressions, engagements, audience totale, audience engagée), une section top pins et top boards, un aperçu conversion insights nécessitant le Pinterest Tag, et un graphique de performance permettant de comparer plusieurs métriques simultanément et de les répartir par dimension. La section la plus utile reste l’analyse des top pins : regarder ce que les meilleurs pins ont en commun pour orienter la création future. Un export CSV est possible après filtrage. Côté Google Analytics, le trafic Pinterest est généralement classé sous Referral ; croiser les heures d’activité de l’audience du site avec les heures suggérées par Tailwind aide à caler les horaires de publication.
16. Les fondamentaux de la publicité Pinterest
Quatre raisons expliquent pourquoi la publicité Pinterest se démarque des autres plateformes :
- Coût relativement bas : plateforme publicitaire encore jeune comparée à Facebook ou Google Ads, donc moins d’annonceurs et un coût par clic souvent bas, une situation amenée à évoluer avec le temps.
- Résultats composés : contrairement à une pub Facebook ou Google qui s’arrête net dès la coupure du budget, un pin boosté continue à générer des sauvegardes pendant qu’il est diffusé, créant des résultats organiques durables même après l’arrêt de la campagne.
- Forte intention d’achat : un pourcentage d’utilisateurs en intention d’achat significativement plus élevé que Facebook, Google ou YouTube.
- Ciblage double, unique en son genre : contrairement à Facebook Ads (intérêts et démographie) ou Google Ads (mots-clés), Pinterest permet de cibler à la fois des mots-clés et des centres d’intérêt.
Mécanique de base : créer un pin normalement, indiquer à Pinterest qu’on veut le montrer à une audience plus large et spécifique en payant, le pin mène vers une destination, un utilisateur le voit dans son fil, clique, puis effectue ou non l’action souhaitée. Les options de ciblage disponibles sont la catégorie et sous-catégorie d’intérêt, les mots-clés (le pin devient éligible quand un utilisateur tape ce terme dans la recherche), et les données démographiques (âge, genre, langue, localisation).
Glossaire de la publicité digitale
- PPC (Pay Per Click) : nom du modèle publicitaire où l’on paie à chaque clic sur l’annonce.
- Budget : montant maximum qu’on est prêt à dépenser sur une période donnée, avec coupure automatique une fois atteint.
- Enchère maximale (max bid) : montant maximum qu’on est prêt à payer par clic, dans un système de mise en concurrence avec d’autres annonceurs sur les mêmes mots-clés ou audiences.
- Impressions : nombre de fois où l’annonce a été vue, pas le nombre de personnes différentes.
- Portée (reach) : nombre de personnes différentes réellement touchées.
- CPC (coût par clic) : ce que coûte réellement un clic en pratique, souvent inférieur à l’enchère maximale fixée.
- Conversion : toute action à valeur effectuée après le clic, à définir selon l’objectif business.
- CPA (coût par acquisition) : coût pour obtenir une conversion, à ne pas confondre avec le CPC.
Calculer son seuil de rentabilité avant de publier
Étape 1 : définir précisément l’objectif de la campagne (ventes, abonnés email, téléchargements…), chaque objectif étant chiffré séparément.
Étape 2 : calculer la valeur monétaire de cet objectif par clic à partir des données historiques. Exemple : 100 clics vers une page produit génèrent en moyenne 10 ventes, qui génèrent 70 $ de profit total, soit 0,70 $ de profit par clic en moyenne.
Règle d’or : le montant qu’on est prêt à payer par clic doit rester inférieur à cette valeur de profit par clic, sinon la campagne est mécaniquement déficitaire. Plus l’enchère se rapproche du seuil de rentabilité, plus le volume de ventes augmente mais avec une marge plus fine ; plus elle s’en éloigne vers le bas, moins de volume mais plus de rentabilité par vente.
Action concrète à réaliser avant toute campagne : écrire noir sur blanc l’objectif précis et sa valeur en euros par clic, calculée à partir des vraies données du site.
17. Le Pinterest Tag et le suivi des résultats
Le Pinterest Tag est un morceau de code à installer sur son site pour suivre les actions des visiteurs, avec deux usages majeurs : l’analyse de performance de campagne (seul moyen de savoir combien une campagne a réellement généré pour un budget donné) et la création d’audiences de reciblage. Installation possible via Ads, Conversions, Install the tag, par intégration partenaire (Shopify, WooCommerce, WordPress, Magento, BigCommerce, Google Tag Manager), installation manuelle guidée, ou transmission à un développeur ; gratuit avec un compte business.
Point rassurant pour un site d’affiliation sans compte marchand : il est tout à fait possible de faire fonctionner de la publicité Pinterest sur des produits Amazon sans pouvoir installer de tag de conversion sur les pages Amazon, et d’obtenir malgré tout de bons résultats. L’absence de tag n’empêche donc pas de faire des campagnes rentables, elle rend seulement la mesure et le scaling plus difficiles à affiner.
18. La structure de campagne recommandée
Comme sur Facebook, Google ou Amazon Ads, la hiérarchie se structure sur trois niveaux : la campagne définit l’objectif global (trafic, conversions, vues), le groupe d’annonces définit le ciblage (mots-clés, centres d’intérêt, langue, genre, enchère), et l’annonce est le pin créatif lui-même montré à l’audience.
Structure recommandée, à minima deux campagnes séparées :
- La campagne « Mots-clés » comprend un seul groupe d’annonces avec deux pins en test A/B, jamais un seul pin sans comparaison ni trop de pins qui diluent les données. Cycle de test recommandé de 30 à 60 jours, en gardant le pin gagnant et en remplaçant le perdant.
- La campagne « Intérêts » comprend plusieurs groupes d’annonces, un par centre d’intérêt ciblé, réutilisant les mêmes deux pins A/B dans chaque groupe.
Pourquoi séparer mots-clés et intérêts dans deux campagnes distinctes : le ciblage par intérêts génère généralement plus de volume mais avec une audience moins « chaude » dans l’instant, ce qui justifie une enchère plus basse ; le ciblage par mots-clés touche des utilisateurs en recherche active à forte intention d’achat immédiate, ce qui justifie une enchère plus élevée. Mélanger les deux dans un même groupe d’annonces imposerait une seule enchère aux deux, empêchant d’optimiser chacun séparément. Multiplier les groupes d’annonces par intérêt permet aussi d’identifier précisément quel sous-ciblage est rentable et de couper individuellement ce qui ne marche pas, un signal qui se noierait sinon dans une moyenne globale trompeuse.
19. Types de correspondance de mots-clés et mots-clés négatifs
Le search query, ce que l’utilisateur tape littéralement, ne correspond pas forcément un pour un au mot-clé ciblé en publicité : selon le type de correspondance choisi, Pinterest peut afficher le pin pour bien plus de requêtes que le mot-clé exact saisi.
- Exact match, entre crochets
[canoe paddle]: le pin ne s’affiche que pour cette requête exacte, mot pour mot ; contrôle maximal, portée limitée. - Phrase match, entre guillemets
"canoe paddle": le pin s’affiche pour toute requête qui contient cette phrase ; compromis entre contrôle et portée. - Broad match, sans aucun symbole : le pin peut s’afficher pour des requêtes vaguement liées selon l’appréciation de l’algorithme, portée maximale mais contrôle minimal. Piège fréquent des débutants : taper un mot-clé sans réaliser que l’absence de symbole équivaut par défaut à du broad match.
Les mots-clés négatifs indiquent à Pinterest les requêtes pour lesquelles on ne veut pas apparaître, surtout utile en phrase ou broad match. Negative exact, avec la syntaxe -[mot-clé], exclut uniquement cette requête exacte ; negative phrase, avec la syntaxe -"mot-clé", exclut toute requête qui contient ce mot-clé.
Exemples de mots-clés négatifs à envisager pour la vente de produits physiques : « gratuit » pour éliminer les gens qui cherchent à obtenir le produit sans payer, « avis » pour éliminer les gens encore en phase de comparaison, « DIY » si le produit a un équivalent à faire soi-même très présent sur Pinterest, et « pas cher » si le produit est positionné premium.
20. Trouver des mots-clés publicitaires rentables
Deux règles impératives pour la campagne mots-clés : un minimum de 25 mots-clés est exigé par Pinterest pour activer ce ciblage, sachant que des campagnes matures en utilisent généralement des centaines ; et une pertinence stricte par rapport à l’objectif, en bannissant les mots-clés informatifs (par exemple « astuces bébé ») si l’objectif est la vente, au profit de mots-clés à forte intention d’achat (« meilleure tétine bébé »).
Règle générale : plus un mot-clé est large et générique, plus il est cher et compétitif ; plus il est long et spécifique, moins il est cher mais potentiellement plus rentable, d’où l’intérêt de mixer les deux en démarrant plutôt spécifique si le budget est serré.
Trois outils gratuits permettent de bâtir la liste :
- Ubersuggest génère des centaines de suggestions à partir d’un mot-clé de départ.
- Keywords Everywhere (extension Chrome) affiche des mots-clés liés dans la barre latérale de Google.
- Google Keyword Planner génère une liste de mots-clés liés avec volume et concurrence. Ces données Google servent uniquement à trouver des idées, pas à calibrer le budget Pinterest, dont le volume réel diffère.
Une fois la liste construite, l’outil gratuit keywordmatchtypetool.com ajoute automatiquement les guillemets ou crochets en masse à toute la liste selon le type de correspondance choisi.
Recommandation : privilégier le phrase match, combiné à des mots-clés négatifs, plutôt que le broad match qui gaspille du budget sur du hors-sujet, ou l’exact match qui peut ne générer aucune impression si l’enchère est trop basse sur un mot-clé concurrentiel.
21. Créer des pins publicitaires rentables
- Clarté avant créativité : un visuel joli mais confus ne convertit pas, l’utilisateur doit comprendre en quelques secondes ce qui est annoncé.
- Cohérence entre le pin et la page de destination : couleurs, typographie et surtout le produit exact montré sur le pin doivent se retrouver immédiatement sur la page d’atterrissage, en envoyant les gens directement vers la fiche produit précise vue sur le pin, jamais vers une page générique.
- Contraste par rapport à la concurrence déjà en place : observer les pins déjà bien classés sur les mots-clés ou intérêts ciblés (couleurs, imagerie) et se démarquer délibérément pour capter l’attention.
- Toujours orienté bénéfice, jamais juste fonctionnel : identifier le vrai pourquoi psychologique derrière l’achat et le rendre visible dans le visuel.
- S’inspirer d’une collection personnelle de pins qui ont fonctionné sur soi-même en tant qu’utilisateur, en créant un tableau secret dédié pour analyser après coup les patterns réutilisables.
Rappel pratique : toujours créer au moins deux pins différents à tester en A/B avant de passer à la mise en place de la campagne.
22. Mise en place pas à pas d’une campagne
Niveau campagne
Objectif : démarrer avec « Traffic » par défaut, même si l’objectif final est la vente. Ne passer à l’objectif « Conversions » qu’à partir d’au moins 50 ventes par jour de façon régulière et avec le Pinterest Tag installé, Pinterest ayant besoin d’un volume de données suffisant pour optimiser correctement. Avec l’objectif Traffic, le suivi des ventes reste possible si le tag est installé.
Budget : démarrer à un minimum de 5 $ par jour, un point de départ raisonnable se situant plutôt autour de 10 à 20 $ par jour et par campagne.
Niveau groupe d’annonces
- Ciblage par intérêt (campagne intérêts uniquement) : descendre le plus loin possible dans l’arborescence Pinterest plutôt que choisir un intérêt trop large, un seul intérêt par groupe d’annonces, en dupliquant le groupe pour chaque intérêt supplémentaire.
- Ciblage par mots-clés (campagne mots-clés uniquement) : coller la liste d’au moins 25 mots-clés formatés en phrase ou exact match, plus les mots-clés négatifs.
- Genre : « Tous » sauf si le produit est clairement genré.
- Âge : décocher systématiquement la tranche 18-24 ans sauf si le produit cible spécifiquement ce groupe, au pouvoir d’achat généralement plus faible.
- Langue : décocher « toutes les langues » et sélectionner spécifiquement la langue du pin et de la page de destination.
- Emplacements : laisser « tous » plutôt que restreindre.
- Case « utiliser mon pin pour élargir le ciblage » : à décocher impérativement, bien que cochée par défaut, car elle laisse Pinterest cibler au-delà des mots-clés ou intérêts choisis au détriment du contrôle et souvent de la rentabilité.
- Budget quotidien du groupe d’annonces : répartir le budget total de la campagne entre les groupes, en ajustant ensuite au fil de l’optimisation hebdomadaire.
- Enchère : ne jamais laisser sur automatique, toujours choisir « Custom ». Le minimum Pinterest est 0,10 $ ; il est recommandé de démarrer à 0,12 $ jusqu’à 0,50 $ selon l’agressivité souhaitée, en augmentant progressivement de 0,03 à 0,05 $ par semaine si le volume reste trop faible après une semaine d’observation.
Niveau annonce
Sélectionner les deux pins A/B créés au préalable, jamais un seul, puis lancer. Le suivi se fait ensuite dans Ads, Reporting.
Pour créer un deuxième groupe d’annonces rapidement : depuis Reporting, cocher le groupe existant, cliquer sur Dupliquer, choisir de dupliquer dans la même campagne, renommer le nouveau groupe pour identifier ce qui le différencie, puis ne modifier que le ou les champs qui doivent différer.
23. Deux campagnes publicitaires à très faible coût
Campagne « fautes d’orthographe ». Les internautes fautent régulièrement en tapant leurs recherches, et très peu d’annonceurs ciblent délibérément ces fautes, d’où un coût par clic très bas. Méthode : prendre un à cinq mots-clés principaux du produit, les entrer dans un outil gratuit comme le Keyword Typo Generator de SEO Book, qui génère automatiquement des centaines de variantes mal orthographiées, puis cibler ces fautes uniquement en exact match. Chaque faute individuelle a un volume infime, mais l’ensemble, souvent autour de 1000 mots-clés fautifs, génère un volume cumulé non négligeable à très faible coût.
Campagne « langue étrangère ». La plupart des annonceurs ne ciblent que la langue majoritaire du pays visé, alors que cibler la deuxième langue la plus parlée touche une audience réelle quasiment sans concurrence publicitaire. Méthode : traduire sa liste de mots-clés existante via Google Translate, idéalement validée par un locuteur natif, puis cibler ces mots-clés traduits en exact match, sans ciblage par intérêt, pour rester focalisé.
Enchère recommandée pour ces deux campagnes : 0,12 $, juste au-dessus du minimum Pinterest, suffisant pour battre la plupart des rares concurrents alignés sur le minimum tout en restant très économique.
24. Optimiser ses campagnes chaque semaine
Les ventes Pinterest arrivent souvent bien plus tard que le clic, un visiteur pouvant acheter des semaines après avoir cliqué. Règles de fenêtre de temps : ne toucher à rien pendant au moins la première semaine d’une nouvelle campagne, ne commencer l’optimisation qu’après 30 jours de données minimum, puis analyser en continu sur une fenêtre glissante des 60 derniers jours, décalée chaque semaine.
Règle pour les groupes d’annonces intérêts
Pour tout groupe avec 50 clics ou plus mais 0 résultat sur la période : réduire l’enchère de 40 % (multiplier le CPC actuel par 0,6) et appliquer ce montant pour la semaine suivante ; si le calcul tombe sous le minimum Pinterest de 0,10 $, couper complètement le groupe.
Pour tout groupe avec 50 clics ou plus et au moins un résultat : relever le CPC actuel, le CPA actuel et le CPA cible défini au préalable. Si le CPA actuel est supérieur au CPA cible, réduire l’enchère via un calculateur dédié, ou couper le groupe si le résultat calculé tombe sous 0,10 $. Si le CPA actuel est inférieur au CPA cible, laisser tel quel pour privilégier la rentabilité, ou augmenter prudemment le CPC de 20 % pour scaler le volume.
La même logique s’applique directement à chaque mot-clé individuel pour la campagne mots-clés, via l’onglet Keywords plutôt que Ad groups : pour un mot-clé avec 50 clics ou plus et 0 résultat, réduire l’enchère à 0,11 $, ou l’archiver directement si l’enchère est déjà proche de ce seuil ; pour un mot-clé rentable, garder tel quel ou augmenter le CPC de 20 %.
Anecdote instructive : un mot-clé configuré par erreur en broad match plutôt qu’en phrase ou exact match avait aspiré la quasi-totalité des clics d’une campagne sans générer une seule vente, illustrant le danger du broad match non maîtrisé.
Récapitulatif de la routine hebdomadaire
- Ne faire des changements majeurs qu’après au moins 30 jours de données.
- Analyser les 60 derniers jours disponibles.
- Fixer l’enchère à 0,11 $ pour tout mot-clé ou intérêt avec 50 clics ou plus et 0 résultat.
- Archiver ou désactiver directement si l’enchère est déjà entre 0,10 $ et 0,17 $.
- Ajuster via le calculateur pour tout mot-clé ou intérêt avec au moins un résultat.
- Répéter cette routine chaque semaine.
Si les résultats restent décevants malgré une application rigoureuse, auditer en priorité le site ou la page de destination : le taux de conversion de la page affecte tous les canaux marketing, pas seulement Pinterest. Si une page reçoit beaucoup de trafic organique du site mais n’a qu’un seul pin qui y renvoie, c’est un signal pour créer davantage de pins vers cette page.
Synthèse pour un site d’affiliation Amazon
Pour un site d’affiliation Amazon, ces principes se traduisent en une feuille de route concrète.
Côté organique : abandonner tout usage de hashtags au profit de l’alt text, systématiser la checklist des dix facteurs de classement sur chaque pin (titre en premier, description, URL, cohérence globale), et exploiter les rich pins produit via l’extension « Save Button » directement depuis les fiches Amazon plutôt que de recréer les pins manuellement, en veillant toujours à partir de la fiche produit individuelle et non d’une page de résultats.
Côté publicité, la piste la plus directement actionnable pour un site d’affiliation sans catalogue propre est la campagne mots-clés à très faible enchère (0,10 à 0,12 $), en phrase match avec mots-clés négatifs, associée au suivi manuel des ventes via les liens et les statistiques du programme d’affiliation, puisque le Pinterest Tag ne peut pas être installé sur les pages Amazon elles-mêmes. Les deux campagnes à très faible coût, fautes d’orthographe et langue étrangère, sont particulièrement adaptées à un budget de test réduit.
La routine d’optimisation hebdomadaire (30 jours d’observation minimum, fenêtre glissante de 60 jours, réduction ou coupure des mots-clés à 50 clics et 0 résultat) reste applicable même sans tag de conversion, à condition de mesurer les ventes du côté du programme d’affiliation plutôt que du côté Pinterest.
Fondatrice de Qlovis, agence web et SEO basée à Champniers, près d’Angoulême. J’accompagne les entreprises de Charente sur leur site, leur référencement et leur visibilité en ligne.


